Elles ont su tourner la crise en opportunité
Rheabrio: une startup qui continue de mettre l'innovation au service du bien-être avec son nouveau masque de protection Facembrace 


Si bon nombre d’entreprises continuent de se montrer favorables à la poursuite du télétravail, une évidence s’impose : le masque fait maintenant partie intégrante de notre nouvelle réalité.

Considéré comme une mesure de protection supplémentaire pour diminuer la propagation du coronavirus, le port du masque sera d’ailleurs désormais obligatoire, et ce, dès le 27 juillet prochain, dans les transports en commun ainsi que dans la totalité des lieux publics fermés (🔊entrevue de la mairesse Valérie Plante concernant le port du masque sur les ondes de Radio-Canada).

Dans ce contexte, et face à la demande grandissante de la part de la population, on assiste donc à l’émergence de nouveaux produits et de nouveaux fournisseurs. Masques chirurgicaux jetables ou masques de protection réutilisables faits maison (aussi dit artisanaux), en vente en ligne ou sur les tablettes de nos magasins, d’importation ou fabriqués au Québec…. Pas facile de s’y retrouver!

Alors, au-delà de l’esthétique, quels critères faut-il prendre en compte pour faire le bon choix et surtout s’assurer de leur efficacité?

Entretien avec Louise Bernard, présidente fondatrice de Rheabrio,
une jeune startup montréalaise spécialisée dans la conception et la fabrication d'instruments médicaux qui a développé Facembrace, un masque de protection antiprojection, sans couture, alliant un haut degré de confort et un niveau de filtration supérieur. 


Q. 1: Contrairement aux appareils de protection respiratoire certifiés du type N95, N100 qui sont utilisés en priorité par le personnel de santé, l’appellation d’un masque de protection, tout comme son niveau de performance, sont confus. De plus, il n’existe actuellement aucune norme pour réglementer l’usage de ces produits, ni pour en contrôler la qualité de fabrication. Quelles questions doit-on donc se poser pour s'assurer que les produits achetés offrent la protection attendue?

Au Canada, les masques de protection sont des instruments médicaux de classe 1 et si ceux-ci ne font pas l’objet d’une homologation par Santé Canada, une entreprise doit toutefois posséder une licence d’établissement pour avoir le droit d'en vendre. Se demander si le vendeur/fabricant de masques détient cette licence est donc un bon début de questionnement. 

Ensuite, tout dépend bien évidemment de l’usage qu’on prévoit d’en faire. En avez-vous besoin une fois par semaine pour aller à l’épicerie, ou tous les jours, pour le travail, à proximité d’autres personnes? Aurez-vous à le porter pendant de longues périodes de temps, auquel cas vous devrez privilégier le confort et surtout quels sont les risques de contamination encourus?

La différence entre les masques sur le marché résidera principalement dans la combinaison du risque de contamination encouru avec le confort de le porter. Le confort n’est mesurable qu’en contexte d’utilisation. Le degré de filtration, lui, peut être confirmé par des laboratoires indépendants aptes à mesurer cette filtration.

Q. 2: Justement, pourriez-vous nous aider à y voir plus clair sur les questions de confort et de degré de filtration?

Le confort est probablement le plus grand oublié de cette réflexion. Un masque est confortable s'il laisse la peau intacte après l’usage, s'il offre une bonne respirabilité tout en conservant un niveau élevé de filtration et s'il permet de garder la vue dégagée, la parole facile et les oreilles non irritées. Il doit également pouvoir rester en place dans vos mouvements. Un masque qui fait oublier qu’on le porte!

Pour ce qui est du niveau de filtration, ce n’est pas parce qu’il est écrit qu'il s’agit de masques chirurgicaux ou de procédure que le degré de filtration est élevé. Seule une inscription sur l'emballage du produit précisant les normes auxquelles celui-ci se conforme pourra confirmer qu’il s’agit d’un produit certifié, donc de filtration très élevée.

Q. 3: Maintenant, parlez-nous un peu de votre expérience et des défis que vous avez dû surmonter pour adapter votre technologie et effectuer rapidement votre pivot?

Cela nous a pris trois ans, au démarrage, pour développer un accessoire de confort pour encourager les personnes souffrant d’apnée du sommeil à porter, chaque nuit, leur masque respiratoire. Ce faisant, nous avons développé une expertise dans les textiles techniques et l’anthropométrie du visage. Nous avons aussi développé des techniques pour façonner le textile plutôt que le coudre, ce qui résulte en un produit d’une minceur inégalée, sans couture. 

Au moment de l’arrivée subite de la pandémie, j’ai évalué nos forces et conclu que nous étions en mesure de créer un masque de protection de haut calibre, qui offrirait une protection maximale sans compromis sur le confort. L'objectif était en effet de pouvoir répondre aux besoins de tous ceux qui ont besoin de porter un masque au travail pour de longues périodes de temps. Mais il fallait faire vite. 

Nous sommes restés fidèles à notre vision d’impliquer les usagers dans le développement de nos produits, même si cela a retardé un peu notre mise en marché. Des personnes volontaires ont testé sur quelques semaines nos prototypes de masques, et le feedback a été très positif.

Nos défis ont d’abord été financiers, car le développement et la mise en production d’un nouveau produit demandent des fonds que nous n’avions pas en réserve. Il a fallu investir dans des équipements et des ressources. Le soutien gouvernemental et celui de l’industrie textile ont joué un rôle décisif dans ce pivot et je les en remercie. L’autre défi, que nous relevons chaque jour encore, est la croissance de notre capacité de production pour répondre à la grande demande. C’est toute une aventure! Je suis très fière de l’équipe Rheabrio. Sans eux, rien ne serait arrivé!

Q. 4: Vous avez su faire preuve de beaucoup d’agilité et d’innovation pour transformer les obstacles de la crise en opportunités d’affaires. Comment voyez-vous votre stratégie de croissance et les nouvelles possibilités qu’elle ouvre pour votre industrie? 

Le masque de protection antiprojection est, pour moi, un ajout logique à la gamme de produits Facembrace. Cet ajout s’aligne parfaitement avec notre mission et notre vision. L’opportunité s’est révélée et nous l’avons saisie avec énergie. Je vois aussi qu’une certaine synergie s’installe entre les deux produits : l’un stimule la vente de l’autre. Je tiens à aller plus loin en continuant nos recherches afin d’ajouter un masque de protection certifié ET lavable à notre collection. Un défi technique de plusieurs mois, pour répondre à un immense besoin futur.

Q. 5: Votre expérience est vraiment inspirante. Un dernier petit message pour les autres startups?

Derrière les montagnes qui semblent insurmontables se cachent des trésors d’opportunités. Restez conscients et regardez plus loin.

Pour plus d'informations,
🌎visitez le site de Facembrace

 

loading