Notre univers de données est très précis, nous avons choisi des sources crédibles et validées. Cela est d’autant plus intéressant en cette ère de fausses informations et d’infobésité.
Nous aidons nos clients à éliminer tout le bruit créé par les tonnes d’informations qu’ils reçoivent, ainsi qu’à y repérer ce qui leur est le plus pertinent.
– François Aird, président de CEDROM SNi

CEDROM SNi, dont le chiffre d’affaires atteint environ 20 millions $, offre des bases de données, mais surtout un service de veille et de monitoring des médias. Elle facilite la prise de décisions éclairées à environ 500 entreprises et une clientèle de bibliothèques qui s’abonnent à ses plateformes phares, Euréka (Amérique du Nord) et Europresse (Europe).

Pour ses dizaines de milliers d’utilisateurs, CEDROM fait équipe avec la majorité des éditeurs de quotidiens, d’hebdos, de magazines, de certains blogues, ainsi que des courtiers en information et agences de revue de presse internationales.

Les clients de CEDROM peuvent partager des renseignements sur tout ce qui traite de leur entreprise, de ses concurrents, de son marché et de son industrie. Ils peuvent également consulter les archives de dix ans auparavant, comme le font de nombreux cabinets d’avocats pour préparer leurs dossiers de litige.

Le pouvoir est dans la pertinence

Près d’un milliard de documents historiques, environ 800 millions de documents d’archives et 500 000 à 1 million de nouveaux documents, des articles de journaux aux transcriptions de bulletins de nouvelles radio et télé, sont ajoutés chaque jour par CEDROM SNi.

La structure des documents offre des capacités de repérage supérieures parmi ce lot de renseignements, permettant d’effectuer des recherches selon le titre, l’auteur, ou la date, pour une pertinence optimale.

« Le modèle analytique que nous proposons identifie les différences régionales de couverture médiatique », explique François Aird. « Nos outils aident également à évaluer les perceptions et à déterminer si un document présente un point de vue positif ou négatif, ou encore si une part de la couverture provient de sources qui ne sont pas des influenceurs dans l’industrie du client, ou bien si le contenu présenté par des influenceurs est négatif. »

L’ABCD de CEDROM-SNi

En 2000, François Aird avait créé avec un ami une première boîte de consultation informatique. À l’époque du CD, il semblait stratégique de se concentrer sur le produit, alors ils ont eu l’idée de créer pour divers domaines des bases de données sur CD, telles qu’une banque de terminologie de l’OLF. CEDROM est donc née en 1989.

« On a été soumis à une évolution assez rapide, ce que je considérais normal, mais quand j’y pense avec un peu de recul, c’était vraiment rapide! », lance François Aird. « À tous les 5 ans environ, il fallait se transformer pour avancer. Il a bien sûr été nécessaire d’abandonner éventuellement le CD-ROM. Internet a aussi permis d’élargir notre empreinte chez le client. L’arrivée de services comme Google a révolutionné la manière de faire de la recherche et le secteur de l’actualité. L’évolution des quotidiens et la naissance des réseaux sociaux ont aussi eu un impact important. »

« Tout était extrêmement manuel auparavant, les ciseaux et la colle étant les outils de base pour une revue de presse », se rappelle le président de CEDROM SNi. Le fait que ses bases de données soient maintenant mises à jour instantanément grâce aux technologies Web lui a permis d’attaquer un nouveau marché, celui des professionnels de la veille informationnelle.

Avant notre entrevue, M. Aird terminait une rencontre avec une équipe du CRIM. « On veut développer un agent intelligent qui remplacerait la logique booléenne et ferait des recommandations selon le profil du client. L’agent apprendrait selon ce qui est consulté et s’améliorerait en conséquence », m’explique-t-il. En vue de cibler un autre segment clé, celui des PME, CEDROM SNi tente d’offrir des options encore plus automatisées et moins coûteuses, mettant à profit l’évolution actuelle de l’intelligence artificielle pour y arriver.

Le talent, toujours actuel

Le défi du recrutement, particulièrement pour les postes de développement et de programmation, démontre également que les temps changent. François Aird avoue être un peu inquiet pour l’industrie : « C’est extrêmement intéressant que des joueurs comme Google et Facebook prennent leur place à Montréal, mais ils vont piger dans les ressources qui sont déjà en pénurie. Il y a 7000 à 8000 diplômés en informatique au Québec présentement, alors que la demande correspond à 50 000, alors recruter à l’étranger s’avère la seule vraie solution », indique-t-il.

« En 1984, on était parmi les premiers membres du Centre de promotion du logiciel québécois, devenu l’Association Québécoise des Technologies », raconte François Aird. « Il y avait ce petit noyau d’entrepreneurs que je croisais dans les salons internationaux. L’événement annuel de l’AQT rassemblait 40 à 60 PDG, et ce chiffre a augmenté à environ 150. Ce sont de jeunes entrepreneurs allumés, qui contribuent à la vision de Montréal et du Québec en tant que lieux très innovateurs », poursuit-il.

C’est pour cette raison, selon lui, qu’il faut s’inquiéter devant l’arrivée des grandes entreprises d’ailleurs. « Tant qu’on maintient des subventions, le talent restera ici, mais on ne crée pas nécessairement des actifs québécois pour monétiser cela très longtemps. Si les entreprises locales n’arrivent pas à survivre et que le gouvernement arrête d’y investir parce que cela ne rapporte pas assez, ce serait dommage… »

Source: Mélanie Pilon, journaliste pour la Vitrine Star Tech

 


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